Fondation Ella Toulouse pour les cancers des adolescents et des jeunes adultes, sous l’égide de la Fondation ARC, est née d’une tragédie personnelle. Nous sommes une famille franco-américaine de quatre enfants. Nos vies heureuses ont basculé début 2020, lorsque notre fille Ella, âgée de 23 ans, a été diagnostiquée d’un cancer rare et incurable. Pour transformer cette épreuve en une action positive, nous avons décidé de nous engager dans le soutien et le financement de la recherche médicale sur les cancers de l’adolescent et du jeune adulte (cancers « AJA »).

Parallèlement à la Fondation Ella Toulouse, nous avons également créé SMARCB1 Hope, une association à but non lucratif dédiée aux cancers comme celui d’Ella, liés à la mutation d’un seul gène : SMARCB1. L’association informe sur ces cancers, accompagne les patients et encourage la coopération internationale entre chercheurs. SMARCB1 Hope ne finance pas directement la recherche, mais soutient activement la Fondation Ella Toulouse et la Fondation ARC.

Cassie & Jean-Baptiste Toulouse, Fondateurs

Notre mission

La Fondation Ella Toulouse pour les cancers des adolescents et des jeunes adultes, sous l’égide de la Fondation ARC, sélectionne et finance des programmes de recherche médicale afin de mieux comprendre et traiter ces cancers, en particulier les tumeurs solides et le rôle des mécanismes épigénétiques* dans leur développement.

Malgré une sensibilisation croissante aux cancers AJA, la recherche en oncologie dans cette tranche d’âge reste fragmentée et sous-financée, et les progrès en matière de survie sont inférieurs à ceux observés chez les enfants et les personnes plus âgées.

Il y a un besoin urgent de nouvelles approches thérapeutiques pour les patients AJA atteints d’un cancer. Ils restent largement sous-représentés dans les programmes de recherche et les essais cliniques. Votre soutien peut véritablement faire la différence, et soyez assurés que nous vous tiendrons informés des avancées concrètes que votre générosité permettra.

* Les mécanismes épigénétiques sont des modifications ponctuelles de l’ADN qui régulent l’activation ou la désactivation des différents gènes, sans les supprimer. Ces mécanismes jouent un rôle majeur dans le développement de nombreux cancers, notamment les tumeurs SMARCB1-déficientes.

Projets de recherche

La Fondation Ella Toulouse et la Fondation ARC ont lancé conjointement leur premier appel à projets de recherche sur le cancer chez les Adolescents et Jeunes Adultes (AJA) en octobre 2025. Ces premières subventions ont été attribuées fin mai 2026.

Mieux comprendre les effets de l’âge sur la résistance à la chimiothérapie de certaines leucémies chez les AJA et développer de nouveaux traitements ciblés

Vahid ASNAFI, Institut Necker – Enfants Malades (Paris)

Les leucémies aiguës lymphoblastiques T (LAL-T) des cancers du sang et de la moelle osseuse qui se forment à partir de cellules immunitaires appelées « lymphocytes T ». Les LAL-T surviennent chez les enfants et chez les adolescents et jeunes adultes (AJA) mais les taux de survie aux LAL-T sont moins bon chez les AJA. Il s’agit de cancers particulièrement agressifs qui nécessitent rapidement une première phase intensive de chimiothérapie, suivie d’une phase de consolidation. 

A l’Institut Necker – Enfants malades, l’équipe du Pr Vahid Asnafi a identifié une forme spécifique de LAL-T avec une expression plus élevée du gène TAL1 et qui, chez les AJA, manifestent une résistance particulièrement élevée aux traitements. Leur projet a pour objectif de mener une analyse approfondie et multiparamétrique des caractéristiques moléculaires des cellules leucémiques chez les AJA, cellule par cellule, pour identifier les déterminants de cette résistance à la chimiothérapie, en les comparant aux formes pédiatriques de même type qui ont des taux de survie nettement supérieurs.  

Pr Vahid Asnafi souligne « Nous pensons que ces altérations moléculaires jusqu’ici inconnues pourraient constituer de nouvelles cibles de traitement que nous pourrons tester dans nos modèles d’étude pré-cliniques pour évaluer leur efficacité et leur éventuelle toxicité. Nous espérons que ces déterminants pourront aussi servir à améliorer la prise en charge d’autres cancers survenant chez les AJA. » 

Identifier les vulnérabilités d’un système de communication intracellulaire impliqué dans le métabolisme des cancers du cerveau des plus agressifs chez les adolescents et les jeunes adultes 

Arthur BASSOT, Centre de recherche en cancérologie de Lyon

Les gliomes de haut grade comptent parmi les tumeurs cérébrales les plus agressives chez les adolescents et les jeunes adultes (AJA). Ces cancers du cerveau sont essentiellement traités par chirurgie, radiothérapie et chimiothérapie. Or chez les AJA dont l’organisme est en développement, ces traitements sont le plus souvent suivis de récidives et ils peuvent entraîner des effets indésirables et notamment un risque de cancers secondaires à long terme.  

Le projet mené par Arthur Bassot, en collaboration avec l’équipe de Marie Castets au Centre de recherche en cancérologie de Lyon (CRCL) vise à mieux comprendre comment les cellules des gliomes de haut grade s’adaptent pour survivre aux traitements. Ce projet s’intéresse particulièrement aux points de contact intracellulaires appelés « Mitochondria-ER Contacts sites » (MERCs) en anglais. Ceux-ci se forment entre deux structures présentes au sein des cellules : les « mitochondries » qui assurent la production d’énergie et le « réticulum endoplasmique », qui joue notamment un rôle essentiel dans la fabrication de macromolécules telles que les protéines et les lipides. Dans ces zones de contact étroit, ces deux structures communiquent entre elles afin de permettre aux cellules tumorales d’optimiser leur production d’énergie et assurer leur survie.  

L’objectif est d’identifier les protéines impliquées dans ces interactions qui modifieraient le métabolisme et favoriseraient l’agressivité et la résistance des cellules de gliomes de haut grade chez les AJA. A l’aide de modèles d’études nouveaux, notamment d’organoïdes, développés par l’équipe de Marie Castets et d’Erika Cosset au CRCL, le projet vise ensuite à évaluer ensuite si l’inactivation génétique ou le blocage pharmacologique de ces mécanismes peut ralentir la progression de ces tumeurs cérébrales. 

A terme, les résultats attendus de ce projet devraient permettre de développer de nouvelles approches thérapeutiques contre l’une des formes les plus agressives de cancer du cerveau chez les AJA.

Comprendre comment une tumeur rare touchant les articulations change et s’adapte pour résister aux traitements chez les adolescents et jeunes adultes 

Laura BROUTIER, Centre de recherche en cancérologie de Lyon

Les sarcomes synoviaux sont des sarcomes des tissus mous qui se forment au niveau des membres, le plus souvent à proximité des articulations et de l’extrémité des tendons, avec une localisation préférentielle au niveau du genou, de la cheville et du pied. Ils touchent principalement les adolescents et les jeunes adultes (AJA) mais aussi, plus rarement, les enfants et les adultes. En France comme dans le monde, les AJA atteints d’un sarcome synovial ont une survie significativement moins bonne que celle des enfants plus jeunes, alors même que leurs tumeurs et leurs traitements sont identiques. Malgré la chirurgie lorsqu’elle est possible, complétée par la radiothérapie et/ou la chimiothérapie, on observe en effet chez les AJA une résistance particulière aux traitements. 

Le projet mené par Laura Broutier au Centre de recherche en cancérologie de Lyon (CRCL) vise à explorer les spécificités biologiques qui expliqueraient cette différence d’efficacité des traitements. Laura Broutier et son équipe ont établi l’une des premières biobanques d’organoïdes de sarcomes synoviaux, dérivés de prélèvements réalisés chez des patients de différents âges. Ces « avatars de tumeurs » peuvent être constitués non seulement de cellules cancéreuses, mais aussi des cellules immunitaires avec lesquelles elles interagissent. L’équipe réalisera un profilage transcriptomique et épigénétique de cette biobanque d’organoïdes, cellule par cellule, avant et à différents moments après la chimiothérapie. À partir des différents profils biologiques ainsi obtenus, le dernier axe du projet consiste à concevoir des associations de traitements adaptées, puis à les tester sur ces organoïdes. 

À terme, les résultats de ce projet devraient permettre de proposer de nouvelles stratégies thérapeutiques plus adaptées aux spécificités biologiques des sarcomes synoviaux des AJA et d’améliorer ainsi leur survie. 

A propos d’Ella

Ella est née le 8 octobre 1996, débordante de joie et d’énergie, avec, dès le premier jour, une pointe d’espièglerie. Après une enfance heureuse, elle est devenue une jeune femme extraordinaire au tempérament décidément original, animée par ses nombreuses passions et une intarissable curiosité et soif d’apprendre, inspirant au passage beaucoup de celles et ceux qui l’ont rencontrée au fil de son parcours, en France, aux États-Unis, au Royaume-Uni et au Japon.

Artiste dans l’âme, elle n’a jamais prétendu en être une. Intellectuellement douée, elle n’était jamais ennuyeuse. Sa vivacité d’esprit imprégnait toute sa personnalité, qu’il s’agisse de son style vestimentaire excentrique, de la profondeur de ses réflexions sur l’art ou l’histoire, ou de son honnêteté absolue dans ses relations avec les autres, et jusqu’à la dignité et l’amour dont elle a fait preuve pendant sa maladie.

La vie d’Ella a été brutalement interrompue à l’âge de 23 ans par un cancer extrêmement agressif du sinus ethmoïdal qui s’est rapidement propagé aux méninges, un carcinome sinonasal déficient en SMARCB1 (« SDSC »). La tumeur était inopérable et s’est révélée totalement résistante aux traitements standard de chimiothérapie et radiothérapie.

Ella nous a quitté le 24 avril 2020, trois mois à peine après le diagnostic de sa maladie.

La maladie d’Ella

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